C'était vraiment passionnant de pouvoir échanger avec lui sur ces positionnements de jardinier moderne/écolo: on assume enfin dans la profession que les intrants détruisent toute la vie faunistique au jardin, on cherche à s'éloigner du "faire propre" qui fait si mal au jardin, on essaie de "faire le plus possible avec, le moins possible contre" (la nature), on veut enfin favoriser la vie et non plus éradiquer, sélectionner, on observe avant d'arracher, on devient attentif à ce qui nous entoure.
J'ai dévoré quasiment tous ses livres, je recommande d'ailleurs chaudement "la sagesse du jardinier", petit condensé poétique de ses pensées.
Pour en savoir plus:
Portrait de la Vallée, le jardin de Gilles Clément en Creuse
Intervention de Gilles Clément en 2007 sur le jardin en mouvement
J'illustre ce propos par deux photos prises en Grèce au printemps dernier où le jardin perdu dans le Péloponnèse que j'entretiens un peu (j'y vais rarement, malheureusement) est bordé de parcelles d'oliviers dont les rangs sont enherbés et laissés aux adventices. On est ici dans une position moderne; l'absence d'intrants type désherbants systémiques... fait revenir les coquelicots qui peinent tant à revenir chez nous. Et les oliviers ne s'en portent pas plus mal, bien au contraire. L'équilibre faune/flore est respecté, la diversité biologique est à son plein.
Dans ce jardin du Péloponnèse, on laisse tout venir, on observe, on se régale des graminées qui jouent un tableau souple au pied des oliviers.