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dimanche 10 juillet 2011

Des topiaires aux Invalides ? Non, des canons végétaux

Esplanade des Invalides, Paris VII°, vendredi soir.


Au Musée de l'Armée, aux Invalides à Paris, les buis sont taillés en forme d'obus. Drôle de manière de convoquer l'art des jardins et d'associer ainsi ces formes militaires à des végétaux foncièrement pacifistes !

Heureusement, certains rappellent plutôt le Dôme des Invalides juste derrière...

Signé un photographe engagé (pour le Mark II de Canon - qui désormais ne me quitte plus- et pour la liberté de penser!).

jeudi 7 juillet 2011

Versailles, taille des topiaires

Mes nombreuses visites au parc de Versailles en compagnie des équipes de jardiniers me permettent d'en apprendre toujours plus sur l'art des jardins et les techniques du jardin classique, dit aussi "régulier", et dont les traités fondateurs de jardinage du WVII° et XVIII° siècles (le Boyceau de la Bareauderie et le Dezallier d'Argenville, notamment) n'ont pas pris une ride.

Il n'y est même pas fait mention de produits phytosanitaires, d'où leur cuisante actualité!

Ici, la taille en topiaire version 2011. On n'utilise plus le "croissant-tilleul" pour "tondre" les palissades de verdure mais le lamier guidé au laser. C'est sans doute sur les alignements de grande échelle que l'on aura vu en 300 ans les techniques évoluer le plus.


Allée de Flore et de Cérès, la semaine dernière.

Lamier monté sur tracteur, guidé au laser. Au pied du bassin accueillant les entrées du Bosquet de l'Etoile (à gauche) et du Rond Vert (à droite, derrière les palissades de bois), ancien Théâtre d'eau qui fait actuellement l'objet d'un concours de paysagistes pour y faire un jardin contemporain...

On y verra d'ailleurs bientôt un jardin "actuel" vu par l'agence lauréate. Cette démarche s'inscrit dans la politique de "requalification" du Parc de Versailles, notamment après la tempête de 1999 et les saillies qu'elle a opéré sur les tracés et les espaces. Difficile exercice de passer après Le Nôtre, Mansart ou Hubert Robert... J'en connais qui planchent en ce moment même : l'exercice est passionnant.
La patience est cependant de mise : rendez-vous début 2013.

Mais revenons à la taille...

Après les modernes engins de taille qui avalent du rideau (nom qu'on donne aux alignements d'arbres plantés et taillés au cordeau) au kilomètre, c'est pour la taille des sculptures végétales (ou topiaires)que le geste a le moins évolué depuis le XVII° siècle : on y travaille toujours à la main, avec des outils qui n'ont guère évolué. Rien d'extraordinaire : on a autant besoin qu'alors d'expertise et de doigté, d'expérience et de dextérité. C'est la taille que je préfère : on SENT le végétal qui s'offre à nos doigts et on voit la matière qui change par notre action.

Etape 1 : présentation du gabarit au pied de la pyramide de Buis, devant la statue de Castor et Pollux (mon opéra de Rameau favori...).

La taille se fait "en vert" : pendant la saison de pleine pousse.

Etape 2 : et en avant la cisaille...

mardi 22 mars 2011

Jeu de net et de flou sur le Tapis Vert du Château de Versailles

Les pyramides d'ifs conduits en topiaire mènent le regard vers le château du Roi Soleil, que l'astre du jour rendait bien lumineux hier...

Le Tapis Vert depuis le départ d'une allée transverse.

Cache-cache avec les nets et les flous, ombres et lumières, reflets, le projet de Le Nôtre se révèle à qui sait prendre le temps de le visiter, de s'y aventurer, de s'y perdre, de s'y plonger.
La visite & l'appréhension du site nourrissent des rayonnages entiers de bibliothèques. J'ai décidé d'utiliser aussi mon regard pour appréhender ce site. La tâche est longue & décidément bien exaltante!

mercredi 16 février 2011

Domaine de Grand Trianon, Versailles. Morne après-midi d'hiver dans un jardin régulier...

Refuge intime entre Cour et forêt


Aujourd'hui il y régnerait sûrement une atmosphère plus pré-printanière, cependant ma dernière visite remonte au tout début du mois, quand l'hiver le plus rigoureux sévissait encore en Ile de France, sans astre solaire ni clémence des températures.

Le jardin abrite le Grand Trianon, élevé par Jules Hardouin Mansart en 1687 sur l’emplacement du « Trianon de Porcelaine » que Louis XIV avait fait construire en 1670 pour y fuir les fastes de la Cour (pourtant pas si loin...) et y abriter ses amours avec Mme de Montespan. On sent fortement l'influence italienne sur l’architecture, faite d'un palais d'un seul niveau, joignant une belle cour et un somptueux jardin.

Une leçon de perspective.

Riche palette des gris, esthétisme végétal hivernal, rigueur des topiaires, symétries parfaites, perspective atmosphérique jusqu'aux coteaux de Satory à l'arrière-plan... Le domaine de Grand Trianon est passionnant à plus d'un titre, outre qu'il sert de splendide écrin à un ensemble de bâtiments parmi les plus raffinés du Château de Versailles.

Fait intéressant, le « Trianon de Marbre » fut entouré, dès sa construction, de plusieurs dizaines de milliers de vivaces et tubéreuses (on se replongerait volontiers dans une promenade de cour, embaumés de fard et des fragrances des fleurs!). Ces plantes étaient enterrées en pots pour pouvoir être changées dès la fin de leur floraison : le spectacle était renouvelé tous les jours, dans un hymne à la floraison impérissable.
D'ailleurs les bâtiments ne sont qu'un prétexte au jardin : l'architecture est toute entière tournée vers les jardins. Voilà un ordre qui me plaît !

Depuis la galerie principale, l'architecture s'ouvre sur l'espace et donne à voir vers le domaine. Un "Petit palais de marbre rose et de porphyre avec des jardins délicieux" (Mansart).

mardi 20 juillet 2010

Château de Gourdon, dans un esprit italien et français, environs de Grasse (Alpes-Maritimes)

samedi dernier, escapade dans la vallée du Loup, dans l'arrière-pays entre Nice et Grasse.
en chemin, visite guidée du jardin du Château de Gourdon, bâti et rebâti trois fois entre le IX° et le XVII° s.


panorama depuis la terrasse supérieure, vers le parterre des buis en topiaire au pied du château, vue plongeante sur la vallée du Loup (le village étant perché sur un éperon rocheux à plus de 700 m d'altitude)


entrée du château côté jardin




y règne certainement un esprit de jardin italien, avec des terrasses dégageant parmi les topiaires de buis un panorama somptueux depuis l'Esterel jusqu'à Nice.
la guide nous expliquait que le duc de Lombard, jadis propriétaire des lieux et bien introduit à la Cour, aurait missionné Le Nôtre pour qu'il lui dessine les plans de son jardin. On n'en saura pas plus, aucun écrit confirmant cette hypothèse, d'autant qu'André Le Nôtre n'est pas homme à avoir laissé beaucoup de traces écrites de son vivant.


on retrouve avec beaucoup d'imagination un esprit de jardin à la française: les buis bénéficient d'une taille douce et arrondie de surcroît, on n'est pas ici dans la rigueur versaillaise mais dans la recherche d'une certaine rondeur (pour adoucir les feux du climat méditerranéen?). quoi qu'il en soit, ce jardin quasi monochrome (le vert prédomine fortement) est un hâvre de paix et de fraîcheur après une longue balade en scooter sous l'excessive chaleur de la partie sud de la vallée.


petite récompense, un café sous les arcades de la terrasse supérieure : intimité garantie!


Je vous conseille de visiter leur site institutionnel site officiel du Château de Gourdon.