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dimanche 9 septembre 2012

Taille en transparence au siège de la Mediterranean Garden Society

Août 2012, escapade grecque.
Sur la route du retour vers Athènes, je suis attendu au Jardin qui héberge le siège de la MGS (Mediterranean Garden Society), qui agit comme un grand forum promouvant à travers le monde les plantes et le jardinage adaptés aux régions du globe concernées par ce climat. Athènes en est le siège historique et le lieu d'expérimentation de la flore méditerranéenne au sens large (Australie, Afrique du Sud, Mexique...) depuis 1965.

Lors de ma dernière visite au jardin en mai dernier, la responsable du lieu m'avait évoqué un bosquet de pins qui donnait trop d'ombre sur la pépinière. J'avais alors proposé de m'en occuper lors d'une prochaine venue.

Chose faite la semaine dernière !


Un lieu situé à quelques dizaines de kilomètres du centre d'Athènes, qui accueille près de 500 espèces, accessible à la visite aux membres de la MGS.



L'objectif de l'intervention était multiple:
- faire revenir la lumière au centre du bosquet de pins (Pinus halepensis : pin d'Alep / Pinus pinea : pin parasol), qui accueille une pépinière à leurs pieds
- donner plus de grâce à leur port
- laisser plus d'espace à un splendide Brachychiton (un arbre de la famille des Sterculiaceae, originaire d'Australie et de Nouvelle-Guinée).



La tronçonneuse servira aux branches maîtresses, le reste est travaillé à la scie arboricole, au sécateur de force et au sécateur à main




De constants allers-retours au sol permettent de remonter sur l'échelle en sachant parfaitement quelle branche doit rester et laquelle doit être proprement retirée



Après ces physiques opérations, et dès que la température est un peu redescendue (disons 35°C...) j'ai pû arpenter de nouveau le jardin et voir comment sa physionomie avait changé depuis le printemps. Ici, mis à part quelques plantes qui profitent de l'ombre de la véranda ou de murs bien abrités, la plupart sont "summer-deciduous" (littéralement : caduques d'été): elles perdent leur feuillage en été. Cette mise en dormance estivale est une tactique en réponse à l'absence d'eau durant les 5 à 6 mois de sécheresse de l'été grec. Ainsi, elles survivent, avant de refaire leur floraison ou leur feuillaison dès les premières pluies de fin septembre ou d'octobre. Mais là, l'été 2012 bat des records de sécheresse : des niveaux de précipitations pas vus depuis l'hiver 2000/2001, dignes d'un désert (266 mm en un an...).



Une physionomie où la teinte principale est le roux blond, d'où émergent les masses des buissons aromatiques et sclérophylles (littéralement, à feuilles résistantes) et l'ombre légère des pins et cyprès




Un jardin composé de plus de 500 espèces différentes, originaires de tous les coins du monde dont le point commun est le "biome" méditerranéen. Ici une sauge de Somalie.




Rosa 'Mermaid', qui refait quelques boutons floraux en plein été, après une floraison spectaculaire en mars/avril




Une exception aux caducifoliés qui n'ont plus leur feuillage l'été : un Epipyllum oxypetalum, une Cactaceae luxuriante native du Mexique et du Honduras. Photographiée deux jours avant la spectaculaire floraison. Frustrant ! Bien à l'abri sur la véranda, elle profite de la fraîcheur des murs épais de la maison et des rayons doux du soleil de la fin de journée et peut ainsi prospérer sans craindre les brûlures solaires.



Prochain objectif : y revenir sous peu et voir le jardin en hiver, lorsque les bulbeuses et les vivaces montreront tout leur charme. Avec encore une physionomie radicalement différente.

Bonne fin d'été à chacun en attendant (et bonne rentrée!).

Quelques liens utiles :
Site de la Mediterranean Garden Society
Dernier article en date du blog sur le jardin suite à une visite en mai 2012, publié en juin dernier

jeudi 10 mai 2012

Taille en transparence



Parmi les travaux au jardin de la semaine dernière...

On voit déjà les graminées bien séchées, le printemps a été particulièrement chaud et peu pluvieux. L'an passé à la même époque les coquelicots étaient nombreux à colorer les collines, cette année ce ne sont plus que quelques nappes sporadiques.

L'olivier sauvage (certes, un peu domestiqué maintenant) a regagné de la transparence, la douce lumière du matin passera désormais à travers le fin feuillage pour ré-éclairer la terrasse du petit-déjeuner, sans perturber l'arbre.

atelier gabriel

mercredi 25 avril 2012

Variété des formes fruitières au Potager du Roi, Versailles


Mais que recèle donc ce Potager du roi où j'ai passé deux ans...

Près de cent formes de tailles fruitières.
Avant-goût.

Nectarine Mesembrine, Potager du roi.


Mur Est, au pied de la Terrasse des Figuiers. En descendant quelques marches pluricentenaires, on tombe sur ces fruitiers à la taille inlassablement et méthodiquement appliquée par les jardiniers du Potager royal : on cultive à Versailles près de 100 formes fruitières.
Ci-dessus, un cordon vertical ondulé double.

Un conseil : prévoir un mur de plus de 3,5 mètres de haut...

Moins de place au jardin? On peut très bien aligner ses fruitiers en cordon... Tout n'est qu'une question de proportions !


Poiriers Doyenné du Comice pris dans les rayons printaniers.
Ici, une taille appelée Palmette Verrier à six branches.

Et plus loin, à la lisière du Fruticetum (collection d'arbustes rangés ici par familles botaniques)

Encore une Doyenné du Comice, cette fois formée en Vase Médicis à seize branches


La Fontaine serait là, on serait tenté de célébrer avec lui son fameux "Patience et longueur de temps..."

Plus d'infos sur ce bel endroit : cliquez ici

mercredi 13 juillet 2011

Taille en plateau, esprit japonisant à Trianon

Taille en plateau, Petit Trianon, vendredi dernier.

Exercice de taille à Trianon la semaine dernière, sous les conseils et le regard affûté des jardiniers de Versailles.
Un grand honneur de tailler ce vieux Juniperus, qui trône au pied de la butte de la Grotte de Marie-Antoinette.

Ici, le jardin à l'anglaise, loin des effets baroques du Petit Parc, du large Tapis Vert et de ses bosquets, apporte par ses sentes serpentines un doux parfum de mélancolie et de romantisme. La taille y est douce, souple, quasi invisible, sauf de loin en loin, sur des sujets végétaux situés à des points bien en vue.

dimanche 10 juillet 2011

Des topiaires aux Invalides ? Non, des canons végétaux

Esplanade des Invalides, Paris VII°, vendredi soir.


Au Musée de l'Armée, aux Invalides à Paris, les buis sont taillés en forme d'obus. Drôle de manière de convoquer l'art des jardins et d'associer ainsi ces formes militaires à des végétaux foncièrement pacifistes !

Heureusement, certains rappellent plutôt le Dôme des Invalides juste derrière...

Signé un photographe engagé (pour le Mark II de Canon - qui désormais ne me quitte plus- et pour la liberté de penser!).

jeudi 7 juillet 2011

Versailles, taille des topiaires

Mes nombreuses visites au parc de Versailles en compagnie des équipes de jardiniers me permettent d'en apprendre toujours plus sur l'art des jardins et les techniques du jardin classique, dit aussi "régulier", et dont les traités fondateurs de jardinage du WVII° et XVIII° siècles (le Boyceau de la Bareauderie et le Dezallier d'Argenville, notamment) n'ont pas pris une ride.

Il n'y est même pas fait mention de produits phytosanitaires, d'où leur cuisante actualité!

Ici, la taille en topiaire version 2011. On n'utilise plus le "croissant-tilleul" pour "tondre" les palissades de verdure mais le lamier guidé au laser. C'est sans doute sur les alignements de grande échelle que l'on aura vu en 300 ans les techniques évoluer le plus.


Allée de Flore et de Cérès, la semaine dernière.

Lamier monté sur tracteur, guidé au laser. Au pied du bassin accueillant les entrées du Bosquet de l'Etoile (à gauche) et du Rond Vert (à droite, derrière les palissades de bois), ancien Théâtre d'eau qui fait actuellement l'objet d'un concours de paysagistes pour y faire un jardin contemporain...

On y verra d'ailleurs bientôt un jardin "actuel" vu par l'agence lauréate. Cette démarche s'inscrit dans la politique de "requalification" du Parc de Versailles, notamment après la tempête de 1999 et les saillies qu'elle a opéré sur les tracés et les espaces. Difficile exercice de passer après Le Nôtre, Mansart ou Hubert Robert... J'en connais qui planchent en ce moment même : l'exercice est passionnant.
La patience est cependant de mise : rendez-vous début 2013.

Mais revenons à la taille...

Après les modernes engins de taille qui avalent du rideau (nom qu'on donne aux alignements d'arbres plantés et taillés au cordeau) au kilomètre, c'est pour la taille des sculptures végétales (ou topiaires)que le geste a le moins évolué depuis le XVII° siècle : on y travaille toujours à la main, avec des outils qui n'ont guère évolué. Rien d'extraordinaire : on a autant besoin qu'alors d'expertise et de doigté, d'expérience et de dextérité. C'est la taille que je préfère : on SENT le végétal qui s'offre à nos doigts et on voit la matière qui change par notre action.

Etape 1 : présentation du gabarit au pied de la pyramide de Buis, devant la statue de Castor et Pollux (mon opéra de Rameau favori...).

La taille se fait "en vert" : pendant la saison de pleine pousse.

Etape 2 : et en avant la cisaille...

vendredi 18 mars 2011

Poiriers conduits en palmette Verrier au Potager du roi.



Près de 80 formes de conduite fruitière sont menées au Potager du roi, reprenant la tradition que menaient les équipes de La Quintinie et des jardiniers de Louis XIV. La multiplicité de ces formes apporte à chaque parcelle une identité particulière.

Ici, des poiriers dans un des vergers en creux le long de la cathédrale Saint Louis, taillés en "palmette Verrier à 6 branches", en plein débourrage et sous un soleil de début d'après-midi qui commence à réchauffer la terre et les joues. Chic !

lundi 16 août 2010

Taille estivale de la lavande, cas pratique réalisé à Cannes, août 2010


parterre de lavandes et d'oliviers centenaires, hauteurs de Cannes, début juin

Début juin, ce parterre de lavandes chaussant trois oliviers centenaires face à la baie de Cannes s'apprête à exploser : la floraison est proche. Elle durera de mi-juin à fin juillet. Six semaines durant lesquelles les abeilles s'en donneront à coeur joie. Six semaines d'un superbe contraste chromatique entre le vert gris des oliviers et le bleu lavande à leurs pieds.

lavandes en pleine floraison, juillet 2010

Puis vient le temps de la taille estivale.


Objectif : retrouver le dessin en topiaire, éviter que les inflorescences ne se couchent à la première pluie et stimuler la pousse après la floraison.
Outil : cisaille à haie.
Comment? en coupant les tiges florales au niveau du bois du début de saison, permettant ainsi de retrouver la forme ronde. On peut tailler court, le lavandin planté ici (Lavandula intermedia) ayant la particularité de réitérer (capacité à bourgeonner sur du bois des années de pousse précédentes).


à l'action ! avec la cisaille à main, les 150 touffes de lavandins retrouvent peu à peu leur forme ronde, la forme moutonneuse du massif laisse peu à peu place à un dessin plus structuré. le soir, j'avais mérité un bon rosé...

Ensuite?
J'en ai profité pour griffer le sol à la fin de la taille, ça facilite l'infiltration de l'eau vers les racines et non vers le bitume de l'entrée...


parterre de lavandes et d'oliviers centenaires, APRES : vendredi dernier


avant/après

à suivre pour d'autres cas pratiques :-)

mardi 20 juillet 2010

Château de Gourdon, dans un esprit italien et français, environs de Grasse (Alpes-Maritimes)

samedi dernier, escapade dans la vallée du Loup, dans l'arrière-pays entre Nice et Grasse.
en chemin, visite guidée du jardin du Château de Gourdon, bâti et rebâti trois fois entre le IX° et le XVII° s.


panorama depuis la terrasse supérieure, vers le parterre des buis en topiaire au pied du château, vue plongeante sur la vallée du Loup (le village étant perché sur un éperon rocheux à plus de 700 m d'altitude)


entrée du château côté jardin




y règne certainement un esprit de jardin italien, avec des terrasses dégageant parmi les topiaires de buis un panorama somptueux depuis l'Esterel jusqu'à Nice.
la guide nous expliquait que le duc de Lombard, jadis propriétaire des lieux et bien introduit à la Cour, aurait missionné Le Nôtre pour qu'il lui dessine les plans de son jardin. On n'en saura pas plus, aucun écrit confirmant cette hypothèse, d'autant qu'André Le Nôtre n'est pas homme à avoir laissé beaucoup de traces écrites de son vivant.


on retrouve avec beaucoup d'imagination un esprit de jardin à la française: les buis bénéficient d'une taille douce et arrondie de surcroît, on n'est pas ici dans la rigueur versaillaise mais dans la recherche d'une certaine rondeur (pour adoucir les feux du climat méditerranéen?). quoi qu'il en soit, ce jardin quasi monochrome (le vert prédomine fortement) est un hâvre de paix et de fraîcheur après une longue balade en scooter sous l'excessive chaleur de la partie sud de la vallée.


petite récompense, un café sous les arcades de la terrasse supérieure : intimité garantie!


Je vous conseille de visiter leur site institutionnel site officiel du Château de Gourdon.