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samedi 2 juillet 2011

Lisières des parcelles céréalières. Bientôt les moissons en Beauce


Hier, entre Dreux et Chartres. Champ de Triticum æstivum, aussi dit froment ou blé tendre.


Impression de paysage "mono-spécifique" ? (un champ = une seule espèce cultivée). Rien n'est moins sûr...

Oui, en effet, méfiance!
A passer trop vite devant les plaines fertiles de la Beauce, on oublierait presque que les champs de blé, d'orge ou de colza bien mûrs et en cours de moissons accueillent aussi en lisière - quand on veut bien limiter les désherbants et autres anti-germinatifs - des "plantes compagnes", venues spontanément par les oiseaux, le vent, ou simplement présentes dans la terre à l'état de graines ou de racines, dont le retournement provoque la germination.

J'adore marcher le long des parcelles, pour observer telle plante, herboriser telle autre, observer tel petit insecte... Une micro-vie passionnante s'y joue.

En lisière

Ici, on butine les plantes mellifères.


Un peu plus loin...

Les pois de senteur du jardin voisin ont gagné la parcelle de colza, il partira sans doute avec la moissonneuse...
On aperçoit aussi les ombelles portant les fleurs blanches du "Petit bocage" (Pimpinella saxifraga), aussi appelé persil de bouc car apprécié des troupeaux. Cette plante gracile est souvent présente en bord de chemin, sur les pelouses sèches calcicoles (à tendance calcaire).



En bordure du cimetière, le Boullay-Thierry (Eure et Loir).

Plus loin, une touffe de coquelicots (Papaver rhoeas) se distingue du champ couleur beige-ocre du blé. Difficile de résister devant ce subtil contraste.

Allez, je poursuis ma route.

samedi 16 octobre 2010

Portrait de Gilles Clément, le jardin en mouvement

J'ai eu l'occasion de rencontrer Gilles Clément à plusieurs reprises, lors d'une signature puis surtout à l'Ecole du Paysage où Gilles intervient dans le cadre des ateliers des DPLG. Au printemps dernier, il était venu nous faire une causerie après les cours sur ses concepts phares, le jardin en mouvement, le tiers-paysage, l'éloge des plantes vagabondes, le refus des intrants phytosanitaires au jardin...

Un vrai tableau de Renoir, écolo. Photo prise dans ce coin de Grèce que j'adore, près du Golfe d'Argos.

C'était vraiment passionnant de pouvoir échanger avec lui sur ces positionnements de jardinier moderne/écolo: on assume enfin dans la profession que les intrants détruisent toute la vie faunistique au jardin, on cherche à s'éloigner du "faire propre" qui fait si mal au jardin, on essaie de "faire le plus possible avec, le moins possible contre" (la nature), on veut enfin favoriser la vie et non plus éradiquer, sélectionner, on observe avant d'arracher, on devient attentif à ce qui nous entoure.

J'ai dévoré quasiment tous ses livres, je recommande d'ailleurs chaudement "la sagesse du jardinier", petit condensé poétique de ses pensées.

Pour en savoir plus:
Portrait de la Vallée, le jardin de Gilles Clément en Creuse

Intervention de Gilles Clément en 2007 sur le jardin en mouvement

J'illustre ce propos par deux photos prises en Grèce au printemps dernier où le jardin perdu dans le Péloponnèse que j'entretiens un peu (j'y vais rarement, malheureusement) est bordé de parcelles d'oliviers dont les rangs sont enherbés et laissés aux adventices. On est ici dans une position moderne; l'absence d'intrants type désherbants systémiques... fait revenir les coquelicots qui peinent tant à revenir chez nous. Et les oliviers ne s'en portent pas plus mal, bien au contraire. L'équilibre faune/flore est respecté, la diversité biologique est à son plein.


Dans ce jardin du Péloponnèse, on laisse tout venir, on observe, on se régale des graminées qui jouent un tableau souple au pied des oliviers.